Margaux Jane, créatrice de sacs et accessoires en cuir

Passionnée par les travaux manuels depuis toujours, j’ai d’abord fait des études d’arts appliqués, avant de m’orienter vers la maroquinerie. J’ai été formée au métier de sellier maroquinier par une grande maison de luxe française. La découverte de ce métier et du cuir a été une véritable révélation. Après avoir travaillé pour cette maison à la fabrication de sacs aux noms célèbres, j’ai décidé de partir en Angleterre, sur les pas de mon arrière grand-mère. Elle travaillait dans l’industrie du cuir à Walsall, le berceau du cuir en Angleterre, dans la fabrication de gants en cuir cousus à la main. Là-bas j’occupais un poste d’assistante designer, dans lequel je développais et réalisais de nouveaux produits à partir du dessin des clients. En revenant vivre en France, j’ai décidé de créer mon entreprise afin de conjuguer créativité et savoir-faire traditionnel du travail du cuir.

Un savoir-faire traditionnel au service de la créativité

Les créations Margaux Jane utilisent un savoir-faire traditionnel qui se perd malheureusement aujourd’hui au profit de produits fabriqués à la chaîne. Mon ambition est de donner une âme à mes créations. Elles sont le fruit de nombreuses heures de travail, de l’imagination du produit au choix des peaux, en passant par la découpe et bien sûr la couture à la main. Je réalise tous mes objets du début à la fin. Toutes mes réalisations sont en cuir et doublées en cuir. Pour apporter une finition exceptionnelle, tous les bords du cuir sont travaillés de manière à les rendre plus esthétiques grâce au filetage et à la pause d’une teinture, mais aussi très durables grâce au chauffage de cette teinture, au ponçage entre les différentes couches, ainsi que l’application de cire d’abeille.

La couture sellier, couture à la main

Elle rend un sac durable et assure la solidité de l’assemblage des différentes pièces. Elle s’effectue avec un fil de lin poissé à la cire d’abeille, muni de deux aiguilles, une à chaque extrémité de celui-ci. Sa réalisation est longue car elle demande plusieurs étapes. Tout d’abord la préparation, il s’agit de marquer l’endroit où chaque point va se situer grâce à une griffe. Une fois venu le moment de la couture, il faut perforer au niveau de la marque faite précédemment à l’aide d’une alène, passer les deux aiguilles une par dessous une par dessus, avant de bien serrer le fil et de passer au point suivant… Cette technique prend bien plus de temps qu’une couture faite à la machine, mais sa qualité est incomparable.

L’astiquage

C’est le nom de la finition des bords du cuir, après la couture. Une fois les bords au même niveau, grâce au ponçage, le surplus de colle ressort des tranches grâce à un fer chaud. C’est aussi cette étape qui marque un filet qui vient souligner la couture. J’applique de la teinture qui une fois sèche, sera chauffée à l’aide d’un autre fer pour qu’elle pénètre dans les fibres et les referme entre elles de manière arrondie. Un ponçage léger est réalisé pour retirer l’excès de colle et lisser les fibres. Une nouvelle couche de teinture est appliquée, et ainsi de suite jusqu’à l’obtention d’une tranche lisse. C’est à ce moment là que de la cire d’abeille est déposée.

La découpe

Je découpe chaque pièce du sac à la main, à l’aide d’un couteau à pied, ou d’un tranchet.

La collection

Collection aux influences britanniques tout comme mes origines. C’est d’ailleurs à celles-ci que les noms des différentes pièces font honneur. Je rend hommage à mon arrière grand-mère qui travaillait à Walsall dans l’industrie du cuir 60 ans avant moi, ainsi qu'à des personnes spéciales avec qui j’ai beaucoup partagé. Tous les sacs ont été pensés pour s’adapter à différentes situations: balade en ville, soirée, promenade champêtre ou bien pour aller travailler. Les pochettes sont faites sur-mesure pour les différents produits de la marque à la pomme.